Dans ce blog, nous parlerons de l'épidémie de chikungunya à La Réunion, de la gestion de cette crise, de l'utilisation des répulsifs et de la coopération médicale entre la France et les Comores

14.6.06

Nos ennemis:les moustiques et les virus émergents. Formes asymptomatiques

« Moustiques – La grande menace »

Science et Vie numéro 1065

C’est ce que titre Science et Vie sur sa Une. Le mensuel constate en effet dans un dossier que des maladies comme le paludisme, le chikungunya ou la dengue, « responsables de millions de morts, ont un point commun : elles se transmettent via les moustiques ». Science et Vie remarque que ces insectes « n'en finissent plus de coloniser de nouveaux territoires aux quatre coins du monde, tout en devenant résistants aux insecticides. Un véritable fléau pour l'avenir, qui met aujourd'hui les scientifiques au défi de trouver des parades », note le magazine. Science et Vie dresse le portrait de plusieurs espèces de moustiques ; explique, schémas très détaillés à l’appui, « comment les moustiques nous infectent » ; ou encore constate que « pour vaincre les moustiques, les chercheurs se mobilisent sur tous les fronts : de la chimie à la génétique… jusqu’aux moustiquaires ».



"Les virus, de la découverte au traitement »


Pour la Science numéro 344


Pour la Science consacre un dossier aux « virus dits émergents, [qui] trouvent en l’homme une «proie» nouvelle et se jouent de ses défenses naturelles ». Le magazine remarque que « la lutte contre ces fléaux se joue sur deux fronts, l’un théorique, l’autre pratique ». Le mensuel publie notamment un texte de Paul Turner, professeur d’écologie et de biologie évolutionniste à l’Université Yale, aux Etats-Unis, intitulé : « Le roman d’un virus tricheur ». Le spécialiste explique ainsi que « la théorie des jeux explique comment les virus évoluent lorsqu’ils sont en concurrence : les tricheurs prennent le dessus et supplantent ceux qui coopèrent ». Pour la Science livre en outre un article de Fabian Wild et Vanessa Guillaume, de l’équipe Immunologie des infections virales (INSERM U404), au sein de l’IFR 128, à Lyon, sur « l’émergence du virus Nipah ». Les auteurs rappellent que le virus a été découvert en Malaisie en 1999 et « appartient à la même catégorie que les virus Ebola et Marburg ». « Comme de nombreuses infections émergentes, le virus a été délogé de son habitat naturel par la dégradation de l’environnement », constatent les deux spécialistes.



Les formes asymptomatiques

Au début de l'épidémie, comme écrit au début de ce blog, les spécialistes pensaient que 20 à 40 % d'infection à chikungunya passaient inaperçu. Ces estimations provennaient de la littérature sur le chik et d'extrapolations par rapport aux autres arboviroses.

Une petite étude effectuée fin février sur une centaine de d'adultes à l'hopitâl de St Pierre avait retrouver moins de 2 % de formes asymptomatiques.

La dernière études à ce sujet a été publié il y a 15 jours , porte sur un millier de femmes enceintes et trouve un chiffre d'infection sans manifestation clinique de 10%.

Ce chiffre est plutôt rassurant. Il signifie que l'épidémie s'arretera ou ralentira plus tôt car, ( modif 16.06.06: d'après une exprapolation peu scientifique) 263 000 + 26 000 ( 10%) = +/ 299 000 personnes auraient déjà été infectées et ne seront , à priori, pas réinfectées. Il signifie également que 1 personnes sur 20 qui se pensaient vulnérables , seraient protégées sans le savoir

Il serait intéressant de faire une étude complémentaire sur les infections asymptomatiques chez l'enfant.

Ceux-ci font des infections à chikungunya souvent benignes et il est probable qu'ils fassent plus souvent que les adultes des formes asymptomatiques. Les américains le suspectent également. Cela pourrait avoir une importance en santé publique -épidémiologie pour mieux comprendre l'extension de l'épidémie.