Dans ce blog, nous parlerons de l'épidémie de chikungunya à La Réunion, de la gestion de cette crise, de l'utilisation des répulsifs et de la coopération médicale entre la France et les Comores

25.2.06

3 Reflexions d'un médecin tropicaliste 09.02.2006

Copie de quelques emails envoyés à des amis

NB: Les premiers cas d'encéphalites fulgurantes et mortelles chez des personnes saines n'avaient pas été encore confirmés.


Reflexions d'un médecin tropicaliste sur l' épidémie de Chikungunia à La Réunion
9 février 2007






L’épidémie de Chikungunya est une vraie catastophe pour La Réunion. C’est un fléau médical qui a fait, et fait, souffrir de nombreuses personnes et à participé au décès de quelques malades.

Elle est mauvaise pour le secteur du tourisme et l’économie réunionnaise, excepté pour les vendeurs de produits anti-moustiques et anti-douleurs . Les médecins, les services sociaux et les maisons médicalisées pour personnes agées sont saturés.


Malgré cela, je pense que le risque réel de la maladie est surévalué et que l’importante médiatisation conduit à une dramatisation de l’épidémie et à une névrose du moustique injustifiées.

Nous manquons tous d’informations fiables sur ce virus, les rumeurs vont bon train, aggravant la panique ambiante.

Ce virus n'avait, jusqu'à présent, touché que des pays pauvres. Les études manquent (Thaïlande 1995, Malaisie 1998, Afrique du sud 1982) et portent sur peu de personnes.

Les recherches en cours à La Réunion permettront le calcul du taux réel de mortalité et de déterminer les facteurs de risque de faire une forme grave. Les Réunionnais bien involontairement vont payer le prix de l'avancée scientifique et servir de cobayes.

A priori, le risque de mourir de la chikungunya est du même ordre que celui de la vraie grippe.

Si la maladie se révélait vraiment mortelle pour des personnes saines , un vaccin pourrait être produit en France dans les 4 à 6 ans. Mais des études sont encore nécessaires avant la mise au point. Un vaccin mal évalué pourrait se révéler plus dangereux que la CHIK elle-même. Vu le peu de spécialistes français dans le domaine des vaccins, cela signifierait également que la recherche sur la grippe aviaire, plus dangereuse, devra diminuer.


Sujets à risques et Evolution de la maladie

Jusqu’à preuve du contraire et les études en cours le diront, il s’agit d’une maladie immunisante . C’est à dire que la protection des anticorps acquis après la première infection est durable dans le temps et empêche une réinfection. Quand on est "CHIK-SEROPOSITIF", on est tranquille.

Mais les plus fragiles d’entre nous doivent être mieux protégés ou soignés. Les sujets à risques seraient les enfants de moins de 12 mois, ceux nés d’une mère qui eu la Chikungunya la semaine d’avant l’accouchement et les personnes agées et/ou fragilisées par d’autres maladies chroniques.

Il pourrait y avoir 10 à 40 % d’infections passées inaperçues ou asymptomatiques. Cela signifie que 70 à 120 000 réunionnais ( 8 à 15 %) ont déjà été infectés et sont actuellement protégés , certains sans le savoir.

La réapparition de douleurs articulaires après guérison pourrait être d’une autre origine qu’une réinfection par le virus. Ces douleurs matinales qui diminuent avec l'activité m'évoquent les maladies rhumatismales inflammatoires ( POLY ARTHRITE RHUMATOIDE par exemple).

Mais tout comme la varicelle, infection immunisante, de rares exceptions de ré-infection ne peuvent être écartées..

La destruction anti-vectorielle en cours va probablement porter ses fruits, tout au moins provisoirement . Mais en en prenant l’exemple de l'épidémie à Moroni en 2004-2005 et vu la vitesse de transmission de cette virose, on pourrait imaginer que l’épidémie ne s’arrêtera d’elle-même que quand 80 % des Réunionnais l’auront attrapée dans quelques mois ou quelques années.


Expérience comorienne et collaboration dans l’Océan Indien.

Une flambée épidémique de CHIK identique a eu lieu en Grande Comore de décembre 2004 à Mai 2005 .
L’identification du virus, alors catalogué « dengue » et du vecteur, a été faite par des spécialistes africains et américains.

Les Français, absents bien que voisins, ont pris du retard dans la connaissance de cette maladie.

Il faut se garder de faire porter la responsablité de cette infection aux Comoriens. Eux-mêmes pourraient accuser les Africains qui utilisent les Comores pour rentrer en France illégalement. De même, les Mauriciens, Seychellois ou Malgaches pourraient nous accuser d’avoir agi en retard et nous faire porter le chapeau !

Cette épidémie doit nous rappeler que nous vivons sur une île tropicale, entourés de voisins habitués à vivre avec des maladies mortelles ou dangereuses transmises par les insectes tel que le Paludisme, la Dengue hemorragique, la Fièvre Jaune, Filaires…

Certains d’entre eux ont relativement peu de moyens pour se protéger et se débarasser de ces fléaux. Cette surmédiatisation à La Réunion doit leur sembler un peu déplacée...

Avec la mondialisation , dont profitent de nombreux Réunionnais, les voyages d’une île à l‘autre ou d’un continent à l’autre n’iront pas en diminuant. Les maladies infectieuses pourront ainsi continuer à se balader ainsi dans notre sang. La Réunion n'est pas à l’abri d’une nouvelle épidémie de virus, bactéries ou parasites.

Cela doit nous encourager à poursuivre et améliorer la collaboration médicale et épidémiologue dans l'Océan Indien, notamment avec l’archipel des Comores. L'Union des Comores est très imbriquée avec la France. Plus d’¼ des Comoriens vivent en France et 20 000 Français "mzoungou" résident à Mayotte, hors trouristes, les échanges physiques sont très importants.


Comment se protéger ?

Cette situtaton doit rappeler des souvenirs aux anciens expatriés en pays où sévissent le paludime, les filarioses, la billarziose... Au début, on est obnubilé à la vue du moindre moustique et obsédé par la parfaite application du répulsif. Puis, peu à peu , pour ne pas se gacher le séjour, on relativise le risque et on apprend à éviter simplement les moustiques.

De ces expériences, on peut tirer quelques conseils et répéter une fois de plus les messages donnés par les autorités.


1) Investir dans une moustiquaire imprégnée

- Elle ne protège pas des moustiques qui piquent le jour mais elle tuera quelques moustiques. En effet, dans la journée, les moustiques sont attirés par l’odeur humaine du lit et se posent sur les moustiquaires imprégnées d'insecticide, cela les tue.

- La moustiquaire peut être également utile pendant la sieste pour les enfants , les femmes enceintes durant leur repos du dernier mois et toutes les personnes alitées ou malades.

- Les personnes infectées par la CHIK et alitées doivent se reposer sous moustiquaire dans la journée et utiliser des répulsifs. Ils doivent savoir qu'ils sont contagieux pour leur entourage les 7 premiers jours de la maladie.

2) Eloigner les moustiques et protéger les habitations

- Les moustiques ont peur des turbulences et de la lumière. Il faut créer des courants d'air et orienter les ventilateurs oscillants dans les coins mal aérés des habitations.

- Dans les maisons , il peut être utile de mettre des moustiquaires sur les fenêtres et les portes. Le tulle peut être imprégné.

- Les diffuseurs électriques sont d'efficacité prouvée .

-Attention avec les spirales placées à l’intérieur des pièces mal aérées, elles peuvent provoquer des bronchites, de l’asthme voire des cancers.

- Il est conseillé de faire le tour du jardin, des pots de fleurs et des gouttières toutes les semaines pour assécher les flaques.


3) Les protections personnelles

- Dans le jardin, on peut se déplacer avec une spirale allumée. Il faut la placer entre soi et le vent. Attention aux brulures avec les jeunes enfants.
- Les enfants doivent jouer dans des zones aérées , ventilées ou ensolleillées ( sous parasol)
- Il ne faut pas se ruiner en achetant des produits anti-moustiques mal évalués et chers. Les pharmaciens rigoureux vous conseilleront les quelques produits dont l'efficacité est prouvée scientifiquement. Une liste de produits « agréés » va être mise en ligne sur le site de l’ARH.

Les produits pour les enfants et les femme enceintes sont généralement peu efficaces car ils contiennent moins de principe actif que le minimum requis. En appliquer beaucoup et souvent revient parfois au même que d'utiliser une lotion adulte.

Une étude américaine aurait montré que les répellants pour adultes ne sont pas dangereux chez la femme enceinte. Les autorités françaises devraient en évaluer les bénéfices et les risques au dernier mois de la grossesse.

4 ) Comment se soigner ?

- Brosser et faire une gymnastique douce régulière des articulations chikungunyées pour ne pas qu'elles rouillent. Malgré les douleurs, essayer de se lever de temps en temps pour faire circuler le sang et drainer l'inflammation. Le soleil est un bon anti-dépresseur et regonfle nos défenses.

- Comme pour tout malade en saison chaude, surtout atteint de fièvre, il faut boire beaucoup d’eau pour fluidifier le sang. Manger des aliments frais et énergétiques : yaourt, crèmes, flancs, soupes froides…

- Pour le traitement, le PARACETAMOL ( Efferalgan, Doliprane…) est le plus efficace et le moins risqué des médicaments contre la fièvre et les douleurs. Il doit être privilégié mais sans dépasser la dose conseillée = 4000 mg par jour soit 8cp d'Efferalgan 500. Il y a des formes suppo, poudre, comprimé, gélule, lyoc, sirop....

- Avant d’utiliser des médicaments anti-inflammatoires comme l’ASPIRINE, IBUPROFENE ( Advil, nureflex) ou plus fort DICLOFENAC ( Voltarene), il faut demander avis à son médecin. Ils sont efficaces contre les douleurs mais parfois dangereux. Attention également avec le DEXTROPOPOXYPHENE ( di-antalvic, Profan) , c'est un médicament potentiellement dangereux et retiré de la vente dans certains pays européens.

- La CODEINE et la MORPHINE, malgré leurs effets secondaires, peuvent soulager les douleurs de certains malades fortement atteints.

5 Comments:

Anonymous Anonimno said...

faux le deet est prouvé danhereux, erude de l'université du texas sur les femmes enceintes, ila une action sur le foie et bloque la metabolisation de la scaharinase, il est stoke dans les graisses, syndromes du golf en grande partie responsavble le deet

26/2/06 05:55

 
Blogger Dr Philippe said...

merci de nous donner vos sources. Le sujet est intéréssant.

Pour être rassuré, je vous recommande:

http://www.cmaj.ca/cgi/content/full/169/3/209

Mais l'utlisation des répulsifs est déconseillée sur un longue période.

dr Philippe

26/2/06 09:27

 
Anonymous aquarius said...

Cher ami,
Les Reunionais devraient s'interresser a l'arbre NEEM OU LILAS DE PERSE,qui est en meme temps un repulsif,insecticide et aussi anti inflamatoire.Cet arbre qui est connu en Inde comme l'arbre pharmacie,est present a la Reunion,mais peut etre pas connu pour ses proprietes.Elle est maintenant tres connu aux USA,qui l'utilise comme medicament et bio insecticide.Pas mal de firmes en Inde commercialisent ces produits...J'ai des ifos,mais en anglais..mon email:aquarius2060@myway.com

26/2/06 15:43

 
Anonymous Anonimno said...

faites une recherche deet perrot usa sur google et vous trouverez

27/2/06 10:08

 
Anonymous Anonimno said...

Merci au Docteur PHILIPPE de ses commentaires qui paraissent si justes... que j'espère que ses pistes seront suivies.

Isabelle

5/3/06 20:26

 

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