Dans ce blog, nous parlerons de l'épidémie de chikungunya à La Réunion, de la gestion de cette crise, de l'utilisation des répulsifs et de la coopération médicale entre la France et les Comores

28.2.06

François Baroin - Aide à Mayotte- Coopération avec les Comores

Dans le Quotidien de samedi 25.02.06, on apprend que François Baroin, ministre de l'Outre mer annonce une aide "illimitée" pour Mayotte qui totalise 1000 cas de Chik.

A quoi cela peut-il servir si les voisins comoriens ne sont pas aidés pour éradiquer ce virus ?

Mayotte ( ou Maoré ) est une des 4 îles de l'archipel des Comores qui sont distantes de 70 à 150 Km les unes des autres.

Les voyages entre les îles, légaux ou illégaux en kwassa kwassa sont une réalité quotidienne .

La collaboration médicale franco-comorienne a jusqu'à présent pâti des relations diplomatiques. Cf les FAQ 187 et 19 de chikungunya.net.

Les dernières conférences à Paris et Maurice, la mission OMS et la prise de conscience du risque des maladies émergentes devraient participer à améliorer la collaboration, notamment dans la surveillance épidémiologue.

Les bailleurs internationaux en décembre se sont engagés sur une aide de 200 millions de dollars dont 60 en dons ou prestations. La France est le principal donateur. http://www.holambecomores.com/public/article297.html . L'aide est conditionnée au bon déroulement des prochaines élections présidentielles et à des engagements de bonne gouvernance.


Les Mahorais étaient les mieux placés pour apprécier le risque de l'épidémie de Chikungunya. La première flambée de CHIK étant survenue à 100 km de chez eux. Seulement, tout comme La Réunion, Mayotte regarde plus vers Paris que vers ses voisins.

Le ministère de Mayotte est celui de l'Outre-Mer et celui du reste des Comores est le ministère des Affaires Etrangères.

La xénophobie mahoraise n'encourage pas les "mzougous" (Français expatriés à Mayotte) à plus de coopération avec les îles voisines.

Répulsifs. On manque d'informations

Répulsifs. On manque d’informations

Dr Philippe Girard sur chikungunya.re

La pagaille réunionnaise



Il faut savoir qu’entre les supermarchés, les stations services et les pharmacies, une quinzaine de marques existent qui ont chacune 3 à 6 formulations différentes, soit plus de 80 produits existants.


Jusqu’à présent, que nous ont dit et conseillé les autorités sanitaires sur ces produits ?

Rien sur les risques et pas grand chose sur les choix !


Concernant les choix :

On trouve sur internet une liste faite par le ministère de la santé de 46 produits vendus en pharmacie et de leurs compositions. Assez complète mais compliquée, elle ne peut être utlisée par le grand public.

http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/zoonose/chikungunya_tableau.pdf



La DRASS a diffusé aux pharmaciens une note en ? janvier 2006 ? intitulée :
Recommandations du groupe de travail DGS ( Direction Générale de la Santé- Paris) concernant les insectifuges. Cette liste a été assez peu diffusée chez les médecins et le grand public, les crèches l’ont reçue.

Cette note a été faite il y a quelques mois et donc n’a probablement pas intégré les dernières données sur la mortalité de la chikungunya.


Elle est consultable sur différents sites internet :

Site du réseau Périnat : http://www.perinat-reunion.org/repulsif-chik.pdf
FAQ 34 et 35 de Chikungunya.net : http://chikungunya.net/faq/faqchikungunya.htm



Cette liste "officielle" comporte 5 produits.


- Avant 2 ans, le MOSI-GUARD est le seul produit recommandé. Il s’agit d’un extrait d’une variété d’eucalyptus à l’odeur citronnée. Selon les études , il est assez efficace et inoffensif. Mais un seul laboratoire le commercialise et le Mosi-guard a été rapidement en rupture de stock.

- Chez les enfants de 3 ans à 12 ans et chez la femme enceinte, les produits à base de KBR3023 (non agrée au Canada) et l’IR3535 sont conseillés alors qu’aucune étude de risques à moyen terme n’ont été faites chez l’homme et que le recul sur leur utlisation est faible.

- Le DEET , qui est le produit de référence contre l’Aedes, est déconseillé chez l’enfant et la femme enceinte à La Réunion alors que les dernières études nord-américaines et de l’OMS viennent d’établir son inocuité chez ces personnes (si utilisé à la concentration conseillée).

Par contre, ce produit mal utilisé peut être dangereux, notamment s’il est appliqué en cas d’éruptions ou de prurit ( gratelle ) de CHIK.

Il peut également donner des éruptions de phlyctène ( bulles) et d’urticaire tout comme le chikungunya.

Les risques d’ingestion accidentelle sont à craindre et devraient être prévenus par les pharmaciens ou caissiers de station service.

Le DEET ( ou diéthyltoluamide) est le composant du OFF et des répulsifs du Laboratoire Vendôme.

La mission d’appui Chikungunya qui a eu lieu en janvier 2006 a demandé dans la conclusion de son rapport p.54 que les recommandations sur les répulsifs soit modifiées en s’inspirant de l’expérience canadienne. L’IRD (Institut de Recherche et développement et ex ORSTOM) est chargé de ce travail.

Expérience familiale de la CHIK

Mon fils de 3 ans et demi va mieux.

La fièvre à 40°, les grelottements et les sueurs ont disparu aussi vite qu'ils sont venus. Ca a duré 2 jours. Quelques boutons sont sortis , un peu comme la rougeole, il avait les oreilles rouges et gonflées.
Ce matin , tout a disparu mais sont apparues quelques plaques dans les plis qui le grattent. Ca ressemble à de l'eczema qu'il n'a jamais eu auparavant. Il a gardé l'appétit et n'a eu qu'un petit aphte dans la bouche. Il s'est brièvement plaint d'un genou mais sans boîter.

C'est fou comme le paracetamol est efficace. Ca le ressuscitait en 15 mn. Par contre, l'effet ne durait pas plus de 5H. Une fois, j'ai dû lui donner de l'Ibuprofène.

Il est un peu groggy : sieste de 4 H , nuit de 13 H.

Il n'ira pas à l'école cette semaine. Il peut être dangereux - "contagieux" pour son entrourage.

La sous directrice de l'école maternelle me dit qu'elle reçoit encore des enfants qui viennent de faire une courte CHIK. C'est bien dommage qu'il n'y ait pas encore d'éviction scolaire.

La directrice de la crèche de ma petite fille m'a dit la même chose, mais a priori la crèche est mieux protégée que l'école des moustiques et l'application du répulsif après la sieste assez rigoureuse.

Chaque parent a amené son produit. Certains ont du DEET , d'autres des huiles essentielles. La variété est surprenante.

Avec tout ça, ma femme, enceinte, a fait un coup de panique et voulait quitter La Réunion.

Finalement, on reste!

Comme tout le monde, on cherche l'origine de la piqûre infectante. On pense que l'on fait bien à la maison. Alors : Ecole? probable. Balade au port de Ste Marie à 17 H après les 2 jours de déluge ?

Choix d'un répellent. Retard français? et bibliographie

Choix d’un répulsif. Retard français ?


A la lecture de ces différents sites internet, principalement canadiens et francophones, on peut se demander si les conseils donnés par la DRASS de La Réunion sont encore d’actualité.

Ces recommandations ne prennent pas en compte les dernières données sur la mortalité réelle du CHIKUNGUNYA.

Les Canadiens et les Américains ont une grande expérience dans la lutte contre l'AEDES qui transmet chez eux le virus du Nil occidental et est responsable également d’encéphalite mortelle.

De plus, les Canadiens sont réputés pour l’excellence de leur système de santé publique et d’information au citoyen.


Les femmes enceintes au 9ème mois et les personnes fragiles ( > 65 ans ) chik-séronégatifs ( ou supposées) devraient bénéficier du répulsif le plus efficace et le mieux étudié actuellement contre l’AEDES : le DEET.

Le rapport bénéfices/ risques du DEET chez ces personnes à risque de CHIK paraît clairement positif.

Le DEET n’est pas le produit actuellement le plus utilisé à La Réunion et n’est pas recommandé par la DRASS chez les femmes enceintes.




REFERENCES sur les INSECTIFUGES consultables sur internet



1/ Conseils de sécurité concernant l'utilisation d'insectifuges personnels
Agence de Santé Publique Canadienne. Service d'information national sur le virus du Nil occidental 23.08.2003 http://www.phac-aspc.gc.ca/wn-no/repellents-insectifuge_f.html


2) Déclaration relative au mesures de protecion individuelle pour prévenir les piqûres ou morsures d’arthropodes.
Agence de Santé Publique Canadienne. Comité Consultatif de la Médecine Tropicale et de la Médecine des Voyages. 15 mai 2005
http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/05vol31/asc-dcc-4/index_f.html


3) Efficacité et risques des moyens de protection personnelle contre la transmission du virus du Nil occidental.
Institut National de Santé Publique de QUEBEC
Mars 2002
http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/092_ProtectionPersonnelleVNO.pdf


4/ DEET-based insect repellents: safety implications for children and pregnant and lactating women
Gideon Koren, Doreen Matsui and Benoit Bailey
CMAJ • August 5, 2003; 169 (3) Canadian Medical Association
http://www.cmaj.ca/cgi/content/full/169/3/209


5/ How to use insect repellents safely
US Environmental Protection Agency ( EPA)
Septembre 2005
http://www.epa.gov/pesticides/health/mosquitoes/insectrp.htm



6/ Pre and post travel general health recommandations. Protection against mosquitoes and other arthropods.
Traveler’s Health : Yellow Book. 2005-2006
US Center of Diseases Control . CDC.
http://www2.ncid.cdc.gov/travel/yb/utils/ybGet.asp?section=recs&obj=bugs.htm&cssNav=browseoyb



7/ La prescription des répulsifs, P. Combemale, Med.Trop .2001 ;61 :99-103
http://www.actu-pharo.com/fichiers/MEDTROP/1_61/PDF/099_103.pdf


8/ Synthèse : Mieux utliser les répulsifs pour se protéger des piqûres d’arthropodes.
la Revue « Prescrire » juin 1994 : Tome 14 n°141 : 347-356



9/ Discussions à propos du rapport bénéfices / risques des répulsifs à base de DEET. Supériorité de la moustiquaire chez des militaires en Somalie en 1993
la Revue « Prescrire » juillet août 1998 : Tome 18 n°186 : 550-551



10/ Fiche de conseils de sécurité concernant l’utilisation d’insectifuges personnels. Utilisation judicieuse des pesticides.
Agence de Réglementation de la Lutte Antiparasitaire canadienne ARLA
http://www.pmra-arla.gc.ca/francais/consum/insectrepellents-f.html


12/ Chikungunya : « moustik pik pa moins » Lionel SUZ , 16 janvier 2006
http://lionel.suz.free.fr/index.php?id=about&sub=blog&entry=1137397492


13/ Nouvelles recommandations pratiques pour la prévention du paludisme.
Service Médical International SMI avril 2002
http://www.smi-voyage-sante.com/index.php?action=article&id_article=4356&title=Les+recommandations+officielles+fran%C3%A7aises+2005/


14/ Protection contre les piqûres.
CIMED : Centre d’information santé des voyageurs et expatriés - Ministère des affaires étrangères
mise à jour ?
http://www.cimed.org/page.asp?id=33


15/ Vector Control - Methods for Use by Individuals and Communities.
1997, WHO- OMS
http://www.who.int/docstore/water_sanitation_health/vectcontrol/ch08.htm en anglais
http://www.who.int/docstore/water_sanitation_health/Documents/vecteurs/007to194.pdf en français mais lourd à télécharger.

26.2.06

CHIK, Quand les séropositifs aident les séronégatifs

Entraide citoyenne! Budget mensuel des répulsifs et insecticides? Peur salutaire?


Madée Payet qui est très actif sur le forum de chinkungnuya.net témoigne sur la vie des Réunionnais des hauts:

"Au sujet de la limitation des déplacements et sorties familiales : j'habite dans les hauts (dos d'âne). Nous avons des actions sur Petite France et Le Guillaume.

2 Petites histoires :

- des gens demandent à ceux qui ont déjà eu le chik de descendre en ville pour faire les courses : « eux au moins ils risquent plus de l'attraper »

- et n'ont plus assez d'argent car ont acheté cher des produits répulsifs.

A priori, il existe donc des comportements de limitation de déplacements, c'est pour leur propre sécurité, ils ont peur. Depuis que ça tue les gens ont peur. Sur radio Freedom quelqu'un a dit que le chik touche toute la population réunionnaise, car ceux qui ne l'ont pas, sont touchés par la peur."


dr Philippe:

On ne peut s'empêcher de faire la contre analogie avec le HIV. Les chik-séropo à l'aide des chik-séronégatifs.

Une petite note humoristique ( cf photo du 22.02.06). C'est vrai que la couche de répulsif a un peu le rôle d'un préservatif !

Effectivement, il serait intéressant que l'INSEE nous donne le pourcentage moyen du budget CHIK dans les dépenses mensuelles contre le CHIK. D'après une petite enquête des journalistes, moins de 30 % des enfants viennent à l'école avec une protection chimique.

NB du 27.02.06. Je n'ai pas le reportage mais il parait qu'au JT, ça a été évalué à 203 Euros par foyer et par mois !


Et quel pourcentage est dépensé inutilement :

- bombes insecticides efficaces seulement quelques minutes

- personnes qui ont déjà eu le chik ( dont les ex-infectés qui s'ignorent) et s'aspergent toujours de produit !

- Produits inefficaces : bracelets à imprégner, appareil (ultra) sonore, lotion aux plantes... qui rassurent inutilement, ne protègent pas et grèvent le budget nourriture!

A propos de moyens inefficaces, pas mal d'internautes réunionnais et moi-même avons reçu un "HOAX = e-CANULAR" qui nous invite à télécharger un programme qui éloigne les moustiques par l'ordinateur!!!!


Un budget moustiquaires imprégnées de lit et de fenêtre ( bricolé à la Mike Gywer ) ne doit pas dépasser 150 euros et serait plus durable.


Il va falloir apprendre, peu à peu, à vivre avec des moustiques potentiellement dangereux; il faudra trouver d'autres moyens de protection pour se passer de nos doses quotidiennes de répulsifs, potentiellement dangereuses au long cours et ruineuses.

25.2.06

Informationes para los alumnos de GIJON- Asturias - Espana

BREVE EXPLICACION DE LA ENFERMEDAD CHIKUNGUNYA
(QUE AFECTA A LA ISLA REUNION DESDE HACE UN ANO
)



El CHIKUNGUNYA es un virus transmitido por los mosquitos que esta afectando a la isla Reunión desde hace 1 ano. La mayoria de los casos han ocurido estos 2 ultimos meses.

El 25.02.2006, 20% d la poplation de la poplation ya fueron enfermos de "chik".

Los symtomas son fiebre fuerte, sudores, temblores, vómitos. Una vez cada dos aparece une erupción cutánea de granitos . Estos síntomas duran menos de una semana.

Los síntomas característicos de la CHIK son igualmente dolores articulares de las muñecas, de los dedos y de los tobillos. En un algunos casos, estos dolores se despiertan regularmente, sobre todo por la mañana y durante algunos semanas o meses.

El virus es eliminado de la sangre tras 7 días de infección y la persona está, desde ese momento, protegida por los anticuerpos .

Los niños y los adolescentes desarrollan generalmente formas poco graves. Los hombres son menos afectados por la enfermedad que las mujeres.

Las formas graves afectan sobre todo a las personas mayores, débiles y a los recién nacidos de una madre infectada por el virus unos días antes del parto.

En algún caso, las personas mayores debilitadas por otro tipo de problema de salud pueden fallecer pero la mortalidad no es superior a la de la gripe. Hubo 77 personas que murieron sobre 157 000 casos de chikungunya. 72 eran débiles.



No hay tratamiento específico y tampoco hay una vacuna. Lo único que se puede hacer en caso de coger esta enfermedad es calmar la fiebre y los dolores con tratamientos como : PARACETAMOL. Si esto no fuera suficiente, se recetara un anti-inflamatorio IBUPROFENE o DICLOFENAC que son en general eficaces contra los dolores. Teniendo en cuenta los efectos secundarios de estos segundos medicamentos, hay que consultar antes a un médico de familia.

En la Reunión, los médicos de familia son privados. Hay muchos por toda la isla y en caso de urgencia, es muy fácil tener una consulta rápidamente y sin cita previa.

Los servicios de urgencia son tan eficaces como en Francia metropolitana. La medicina, en general, es de la misma calidad.

Por el momento los estudios sobre esta enfermedad no están completamente terminados pero podría existir un buen numero de personas que han cogido la enfermedad sin desarrollar síntoma alguno o muy poco fuerte.

Una importante campaña de fumigación esta siendo realizada actualmente y deberíamos ver sus resultados en poco tiempo. Los daños de esta campaña sobre las abejas, camaleones y las arañas autóctonas (Babouks) son muy criticados por la opinión publica y los medios de información.

La mayor parte de los reunioneses ahuyentan a los mosquitos protegiéndose con ropa larga, echándose productos antimosquitos* y utilizando en sus casas aparatos eléctricos que alejan los mosquitos.

El mosquito es diurno y pica sobre todo por la mañana y al final del día. Hay que tener un cuidado especial en esos momentos .

Los turistas tiene que prever en sus maletas ropa fina y larga y productos contra los mosquitos para echarse en la piel. Con una protección adecuada se puede limitar el riesgo de contagio .

Si necesitan un mayor información, el sitio Web chikungunya.net contiene muchas informaciones en francés y si tienen alguna duda o pregunta especifica, no duden en ponerse en contacto conmigo mediante el correo electrónico.

Sepan que estaré a la disposición de sus hijos aquí en la Reunión y a través de Susana Fonalleras podré ayudarles en todo lo que pueda.

Buen viaje y hasta pronto,

Dr. Philippe Girard

* Pidan a sus farmaceuticos productos antimosquitos a base de DEET 35 o 50% .

Premier ministre: Fermeture des écoles?

J'ai bien aimé un des titres de la presse réunionnaise ce matin:

"La chik fait fuire les touristes et fait venir les ministres" !

Après la visite de 3 ministres, le premier d'entre eux se devra de faire des annonces?!


- Classer la Réunion en " Catastrophe naturelle" pour pouvoir dédommager correctement tous ceux qui souffent économiquement de l'épidémie?


- Spirales et répulsifs gratuits ?

Comme le demande le PS et le PCR ? Peut être mais pendant combien de temps? Et si on apprenait dans quelques mois que les produits se révélaient plus dangereux que la CHIK elle même? Mais c'est montrer un mauvais exemple aux pays voisins ou le tout gratuit a été abandonné en raison de guaspillage et de mauvaises répartitions.

Cette mesure peut être utile pour les femmes enceintes au 9ème mois et les personnes fragiles ou atteintes de maladies chroniques. Les fichiers de la sécu existent déjà : suivi de grossesse et campagne de vaccination contre la grippe. Dons, prescription médicale pour évaluer le risque réelle d'infection.

- Fermeture des écoles? Vacances scolaires anticipées?

Ca semblerait logique. Les écoles concentrent beaucoup d' enfants et obligent leurs parents à se déplacer. Les enfants sont plus facilement infectés car ils se défendent difficilement des moustiques. Il font souvent des formes bénignes et brèves, on pourrait supposer, qu'ils sont plus souvent "porteur sain" que les adultes. La recheche nous le dira mais les résultats des premières études épidémiologiques tardent.

LSZ, qui a bien fouillé la littérature sur la Chikungunya, rapporte que les études font état chez l'enfant d'une évolution clinique plus rapidement favorable que chez l'adulte, de manifestations articulaires moins fréquentes et d'une fréquence accrue des manifestations hémorragiques le plus souvent mineures.

On risque de s'apercevoir que nos petites têtes blondes ou brunes sont un vecteur et un réservoir important de l'épidémie de CHIK.

A mon avis, il aurait fallu équiper depuis le début les fenêtres des écoles de moustiquaires et de diffuseurs électriques. Mais pour la récré? Les spirales? Non, pas autorisées comme les ventilo sur pied ! Trop dangereux ! ?

L'éviction scolaire de 7 jours, même si l'enfant est guéri en 1 ou 2 jours, semble une mesure logique de limitation de la propagation.


- Mesures de limitations ou de restrictions des déplacements?

De loisirs? familiaux? Au moins pendant les heures de pointe du moustique ( 5-7h30). Les restrictions de liberté ne sont jamais très populaires mais les Réunionnais sont conscients du problème. Et les 2 premiers points pourraient faire passer la pilule ... surtout s'il y a limitation de déplacements professionnels ! Combien de temps ? 2 ou 3 semaines pourraient suffire.

Les enjeux sont importants. Nos voisins, plus pauvres que nous, vont nous observer et la Réunion servira de modèle. Et le risque que l'Océan Indien se retrouve un jour en "quarantaine" internationale n'est pas exclu.


Voilà mes pronostics

Réponse demain.

(NB 27.02.06 : Presque tout faux ! Des Euros mais pas de santé publique)

Fiche2: Utilisez-vous bien vos répulsifs?

Conseils sur l’utilisation des répulsifs, comment minimiser les risques ?

dr Philippe Girard 24.02.2006



Renseignements généraux sur l'utilisation d'insectifuges

D'après les recommandations de l'agence de santé publique canadienne : http://www.phac-aspc.gc.ca/wn-no/repellents-insectifuge_f.html et la Revue « Prescrire ».


Suivre toutes les directives, incluant les restrictions concernant l'utilisation chez les jeunes enfants et le nombre d'utilisations quotidiennes permises. En général une application pour un adulte nécessite 8 pulvérisations et 4 pour les enfants. Lisez l'étiquette du produit au complet avant l'application.

Appliquez le produit en petite quantité et seulement sur les régions exposées ou sur les vêtements. N'utilisez pas le produit sous les vêtements. Les fortes applications ou la saturation ne sont pas nécessaires pour que le produit soit efficace. Ne répétez les applications qu'au besoin.

Lavez-vous les mains à l’eau savonneuse après l’application et évitez de toucher votre visage.
Évitez le contact avec les yeux. Si le produit entre en contact avec les yeux, rincez immédiatement avec de l'eau.

N'utilisez pas d'insectifuges sur les plaies ouvertes ou sur une peau irritée ou brûlée par le soleil. En cas de gratelle ou d’éruption dûes à la chikungunya, les répulsifs peuvent aggraver les symptômes.

Évitez de respirer les vapeurs de produits en aérosol . Les sprays ne doivent pas être dirigés vers la face. Utilisez-les uniquement dans des endroits bien aérés. Ne les utilisez pas près des aliments.

Lavez la peau traitée au savon et à l'eau en rentrant de l'extérieur ou lorsque vous n'avez plus besoin de protection.

Gardez tout contenant d'insectifuges hors de la portée des enfants.

Surveillez toujours l'application d'insectifuges sur les enfants.

Évitez d'appliquer des insectifuges sur les mains des enfants pour éviter les possibilités de contact avec les yeux ou la bouche.

Si vous croyez que vous ou votre enfant réagissez à un insectifuge, arrêtez immédiatement d'utiliser le produit, lavez la peau traitée et consultez un médecin. Lorsque vous vous rendrez chez le médecin, n'oubliez pas d'apporter le contenant du produit.

Si vous êtes allergique ou craignez d'être sensible à un produit, appliquez d'abord l'insectifuge sur une petite région de votre bras et attendez 24 heures pour voir s'il se produit une réaction.
Eviter les produits qui contiennent plusieurs agents chimiques ou associent une protection solaire.

fiche1: RISQUES des Répulsifs

QUELS SONT LES RISQUES des REPULSIFS ?


Dr Philippe GIRARD 24.02.2006


Les répulsifs également appelés répellents ou insectifuges ne tuent pas les moustiques mais les éloignent. Certains comme le DEET masquent des substances émises par notre peau et "brouillent" la vue du moustique.

Les effets secondaires des répulsifs , comme les brûlures ou les irritations de la peau semblent assez fréquents. Ces réactions disparaissent généralement en quelques heures à l'arrêt de l'application.

Les personnes allergiques ou à la peau sensible doivent se méfier et appliquer un peu de produit sur une petite zone du bras pour tester leurs réactions.

Les effets secondaires plus graves sont très rares et principalement en rapport avec une mauvaise utlisation du répulsif:

1- Application de longue durée et accumulation dans l’organisme

2 - Surdosage par un excès de produit appliqué, des applications trop rapprochées ou l’utilisation d’un produit trop concentré.

3- Application autour de la bouche, des yeux, dans les plis du coude, sur les paumes de mains ou sur une peau irritée ou blessée.

4 - Ingestion accidentelle par un enfant. Le DEET est le principe actif recommandé en première intention chez les adultes qui n'ont jamais eu le CHIK. Aucun répulsif n'a été étudié lors d'unusage prolongé ( > 6 mois) et un risque ne peut être écarté.


Les dernières études effectuées avec le DEET sur les enfants et les femmes enceintes n' ont pas confirmé la suspiscion de neurotoxicité ni montré de risques de malformation du foetus. Au Canada et aux Etats-Unis, ces produits sont prescrits aux enfants ou aux femmmes enceintes dans les situations où le rique d'infection est important. Le DEET est contenu dans de nombreux produits pharmaceutiques et dans le OFF(r) vendu en supermarché. Les différents répulsifs ne doivent pas être utilisés en même temps.


Que faire en cas d’accident :

- Eruption avec apparition de vésicules ou de bulles ( comme la varicelle mais en plus gros) : Consultez le médecin rapidement.

- Produit dans les yeux : La conjonctive des yeux absorbent le produit chimique plus que tout autre partie de notre corps. Les yeux doivent être rincés abondamment avec de l’eau potable.

- Produit bu accidentellement : Tous les produits sont potentiellement dangereux. Le DEET et les huiles essentielles sont toxiques. Il faut appeler le 15 qui vous demandera le nom du produit avalé.

- Si vous trouvez que votre enfant à un comportement anormal ( somnolent, perdu) , s’il fait des convulsions ou a des problèmes respiratoires , il faut suspecter l’ingestion accidentelle d’un répulsif et appeler votre médecin ou le 15 .

3 Reflexions d'un médecin tropicaliste 09.02.2006

Copie de quelques emails envoyés à des amis

NB: Les premiers cas d'encéphalites fulgurantes et mortelles chez des personnes saines n'avaient pas été encore confirmés.


Reflexions d'un médecin tropicaliste sur l' épidémie de Chikungunia à La Réunion
9 février 2007






L’épidémie de Chikungunya est une vraie catastophe pour La Réunion. C’est un fléau médical qui a fait, et fait, souffrir de nombreuses personnes et à participé au décès de quelques malades.

Elle est mauvaise pour le secteur du tourisme et l’économie réunionnaise, excepté pour les vendeurs de produits anti-moustiques et anti-douleurs . Les médecins, les services sociaux et les maisons médicalisées pour personnes agées sont saturés.


Malgré cela, je pense que le risque réel de la maladie est surévalué et que l’importante médiatisation conduit à une dramatisation de l’épidémie et à une névrose du moustique injustifiées.

Nous manquons tous d’informations fiables sur ce virus, les rumeurs vont bon train, aggravant la panique ambiante.

Ce virus n'avait, jusqu'à présent, touché que des pays pauvres. Les études manquent (Thaïlande 1995, Malaisie 1998, Afrique du sud 1982) et portent sur peu de personnes.

Les recherches en cours à La Réunion permettront le calcul du taux réel de mortalité et de déterminer les facteurs de risque de faire une forme grave. Les Réunionnais bien involontairement vont payer le prix de l'avancée scientifique et servir de cobayes.

A priori, le risque de mourir de la chikungunya est du même ordre que celui de la vraie grippe.

Si la maladie se révélait vraiment mortelle pour des personnes saines , un vaccin pourrait être produit en France dans les 4 à 6 ans. Mais des études sont encore nécessaires avant la mise au point. Un vaccin mal évalué pourrait se révéler plus dangereux que la CHIK elle-même. Vu le peu de spécialistes français dans le domaine des vaccins, cela signifierait également que la recherche sur la grippe aviaire, plus dangereuse, devra diminuer.


Sujets à risques et Evolution de la maladie

Jusqu’à preuve du contraire et les études en cours le diront, il s’agit d’une maladie immunisante . C’est à dire que la protection des anticorps acquis après la première infection est durable dans le temps et empêche une réinfection. Quand on est "CHIK-SEROPOSITIF", on est tranquille.

Mais les plus fragiles d’entre nous doivent être mieux protégés ou soignés. Les sujets à risques seraient les enfants de moins de 12 mois, ceux nés d’une mère qui eu la Chikungunya la semaine d’avant l’accouchement et les personnes agées et/ou fragilisées par d’autres maladies chroniques.

Il pourrait y avoir 10 à 40 % d’infections passées inaperçues ou asymptomatiques. Cela signifie que 70 à 120 000 réunionnais ( 8 à 15 %) ont déjà été infectés et sont actuellement protégés , certains sans le savoir.

La réapparition de douleurs articulaires après guérison pourrait être d’une autre origine qu’une réinfection par le virus. Ces douleurs matinales qui diminuent avec l'activité m'évoquent les maladies rhumatismales inflammatoires ( POLY ARTHRITE RHUMATOIDE par exemple).

Mais tout comme la varicelle, infection immunisante, de rares exceptions de ré-infection ne peuvent être écartées..

La destruction anti-vectorielle en cours va probablement porter ses fruits, tout au moins provisoirement . Mais en en prenant l’exemple de l'épidémie à Moroni en 2004-2005 et vu la vitesse de transmission de cette virose, on pourrait imaginer que l’épidémie ne s’arrêtera d’elle-même que quand 80 % des Réunionnais l’auront attrapée dans quelques mois ou quelques années.


Expérience comorienne et collaboration dans l’Océan Indien.

Une flambée épidémique de CHIK identique a eu lieu en Grande Comore de décembre 2004 à Mai 2005 .
L’identification du virus, alors catalogué « dengue » et du vecteur, a été faite par des spécialistes africains et américains.

Les Français, absents bien que voisins, ont pris du retard dans la connaissance de cette maladie.

Il faut se garder de faire porter la responsablité de cette infection aux Comoriens. Eux-mêmes pourraient accuser les Africains qui utilisent les Comores pour rentrer en France illégalement. De même, les Mauriciens, Seychellois ou Malgaches pourraient nous accuser d’avoir agi en retard et nous faire porter le chapeau !

Cette épidémie doit nous rappeler que nous vivons sur une île tropicale, entourés de voisins habitués à vivre avec des maladies mortelles ou dangereuses transmises par les insectes tel que le Paludisme, la Dengue hemorragique, la Fièvre Jaune, Filaires…

Certains d’entre eux ont relativement peu de moyens pour se protéger et se débarasser de ces fléaux. Cette surmédiatisation à La Réunion doit leur sembler un peu déplacée...

Avec la mondialisation , dont profitent de nombreux Réunionnais, les voyages d’une île à l‘autre ou d’un continent à l’autre n’iront pas en diminuant. Les maladies infectieuses pourront ainsi continuer à se balader ainsi dans notre sang. La Réunion n'est pas à l’abri d’une nouvelle épidémie de virus, bactéries ou parasites.

Cela doit nous encourager à poursuivre et améliorer la collaboration médicale et épidémiologue dans l'Océan Indien, notamment avec l’archipel des Comores. L'Union des Comores est très imbriquée avec la France. Plus d’¼ des Comoriens vivent en France et 20 000 Français "mzoungou" résident à Mayotte, hors trouristes, les échanges physiques sont très importants.


Comment se protéger ?

Cette situtaton doit rappeler des souvenirs aux anciens expatriés en pays où sévissent le paludime, les filarioses, la billarziose... Au début, on est obnubilé à la vue du moindre moustique et obsédé par la parfaite application du répulsif. Puis, peu à peu , pour ne pas se gacher le séjour, on relativise le risque et on apprend à éviter simplement les moustiques.

De ces expériences, on peut tirer quelques conseils et répéter une fois de plus les messages donnés par les autorités.


1) Investir dans une moustiquaire imprégnée

- Elle ne protège pas des moustiques qui piquent le jour mais elle tuera quelques moustiques. En effet, dans la journée, les moustiques sont attirés par l’odeur humaine du lit et se posent sur les moustiquaires imprégnées d'insecticide, cela les tue.

- La moustiquaire peut être également utile pendant la sieste pour les enfants , les femmes enceintes durant leur repos du dernier mois et toutes les personnes alitées ou malades.

- Les personnes infectées par la CHIK et alitées doivent se reposer sous moustiquaire dans la journée et utiliser des répulsifs. Ils doivent savoir qu'ils sont contagieux pour leur entourage les 7 premiers jours de la maladie.

2) Eloigner les moustiques et protéger les habitations

- Les moustiques ont peur des turbulences et de la lumière. Il faut créer des courants d'air et orienter les ventilateurs oscillants dans les coins mal aérés des habitations.

- Dans les maisons , il peut être utile de mettre des moustiquaires sur les fenêtres et les portes. Le tulle peut être imprégné.

- Les diffuseurs électriques sont d'efficacité prouvée .

-Attention avec les spirales placées à l’intérieur des pièces mal aérées, elles peuvent provoquer des bronchites, de l’asthme voire des cancers.

- Il est conseillé de faire le tour du jardin, des pots de fleurs et des gouttières toutes les semaines pour assécher les flaques.


3) Les protections personnelles

- Dans le jardin, on peut se déplacer avec une spirale allumée. Il faut la placer entre soi et le vent. Attention aux brulures avec les jeunes enfants.
- Les enfants doivent jouer dans des zones aérées , ventilées ou ensolleillées ( sous parasol)
- Il ne faut pas se ruiner en achetant des produits anti-moustiques mal évalués et chers. Les pharmaciens rigoureux vous conseilleront les quelques produits dont l'efficacité est prouvée scientifiquement. Une liste de produits « agréés » va être mise en ligne sur le site de l’ARH.

Les produits pour les enfants et les femme enceintes sont généralement peu efficaces car ils contiennent moins de principe actif que le minimum requis. En appliquer beaucoup et souvent revient parfois au même que d'utiliser une lotion adulte.

Une étude américaine aurait montré que les répellants pour adultes ne sont pas dangereux chez la femme enceinte. Les autorités françaises devraient en évaluer les bénéfices et les risques au dernier mois de la grossesse.

4 ) Comment se soigner ?

- Brosser et faire une gymnastique douce régulière des articulations chikungunyées pour ne pas qu'elles rouillent. Malgré les douleurs, essayer de se lever de temps en temps pour faire circuler le sang et drainer l'inflammation. Le soleil est un bon anti-dépresseur et regonfle nos défenses.

- Comme pour tout malade en saison chaude, surtout atteint de fièvre, il faut boire beaucoup d’eau pour fluidifier le sang. Manger des aliments frais et énergétiques : yaourt, crèmes, flancs, soupes froides…

- Pour le traitement, le PARACETAMOL ( Efferalgan, Doliprane…) est le plus efficace et le moins risqué des médicaments contre la fièvre et les douleurs. Il doit être privilégié mais sans dépasser la dose conseillée = 4000 mg par jour soit 8cp d'Efferalgan 500. Il y a des formes suppo, poudre, comprimé, gélule, lyoc, sirop....

- Avant d’utiliser des médicaments anti-inflammatoires comme l’ASPIRINE, IBUPROFENE ( Advil, nureflex) ou plus fort DICLOFENAC ( Voltarene), il faut demander avis à son médecin. Ils sont efficaces contre les douleurs mais parfois dangereux. Attention également avec le DEXTROPOPOXYPHENE ( di-antalvic, Profan) , c'est un médicament potentiellement dangereux et retiré de la vente dans certains pays européens.

- La CODEINE et la MORPHINE, malgré leurs effets secondaires, peuvent soulager les douleurs de certains malades fortement atteints.

4 Plan B citoyen contre la CHIK 18.02.2006

Quelques propositions de lutte et prévention, peut-être un peu idéalistes...


Un plan B citoyen contre le chikungunya, sur le journal Témoignages


C'est la foire d'empoigne entre les maires, le préfet, les partis politiques. Les médias participent au climat de méfiance ( voir défiance) vis à vis des autorités.

Cela, plus les incertitudes des médecins , plus les souffrances dûes à la chik et la peur d'être infecté ont participé à la névrose réunionnaise.

Les rumeurs circulent. Ca me rappelle le Cameroun. Certaines personnes croyaient dur comme fer que le paludisme était transmis par les mangues. Pouquoi? Car les mangues viennent avec la saison des pluies donc avec les moustiques.

Ce qui manque à La Réunion , c'est un responsable-coordinateur CHIK qui ait la confiance des gens.

Pourquoi ne parle-t-on pas plus des moustiquaires et des grillages de fenêtre imprégnés par trempage dans l'insecticide ? C'est une bonne protection individuelle. Une étude de prévention de la dengue chez des militaires en Somalie en 1993 a montré que la moustiquaire était plus efficace que les répulsifs.

En plus, c'est un bon moyen de diminuer le nombre de moustiques autour de chez soi. Les moustiques attirés par la bonne odeur humaine de la maison , s'y posent et meurent : effet "Knock down".


Et les écoles sont toujours ouvertes et la 4 voies pleine de voitures. Restreindre la liberté de circulation des Réunionnais, est-ce une décision politique si impopulaire?

Pas trop d'écho du plan B. Tout le monde est bien occupé .

2 Chik planète, Réunion et la pagaille des répulsifs

La Réunion, Retour de vacances espagnoles fin janvier 2005


J'avais vaguement suivi la CHIK sur internet.

Mais je suis surpris par l'ampleur de l'épidémie. Un médecin, même africain, a-t-il déjà vu une maladie qui touche ainsi tous les âges et progresse aussi vite?

Je me dis que si cette épidémie avait eu lieu dans un pays pauvre, les écoles auraient été fermées, les grands rassemblement interdits et des barrières sanitaires instaurés entre les villes.
Cela est fait lors des épidémies de choléra, de méningites cérébro-spinale ou de rougeole.

Mais non, à la Réunion, ça circule toujours autant!


Réunion de la croix rouge : Grosse commande de répulsifs, action sur les SDF ... Ils sont très réactifs avec un PC de crise efficace. En passant, je vous recommande le site de la PIROI
ou Plate-forme d'Intervention Régionale pour l'Océan Indien. Une équipe de salariés et de bénévoles, du matériel de stockage et purification de l'eau, les boites médicales stockées.. et déployables en quelques jours en cas de catastrophe.


Première Réunion médicale avec le préfet à St Benoit : très instructive. Beaucoup de travail a été fait mais les incertitudes persistent. Un confrère pose la question : Faut-il faire une éviction scolaire? Réponse du Dr LASSALLE : NON - Pourquoi : Pas d'explication.


Je m'informe sur internet et découvre l'impressionant site chikungunya.net, le freedom des internautes avec une liste de FAQ très bien faites.


Pour protéger un peu ma petite famille et ma personne , je m'intéresse au sujet des répulsifs.
Je vais voir un ami pharmacien au Chaudron, la liste de la DRASS en main. Mais, rupture de stock pour l'unique produit conseillé avant 2 ans et les femmes enceintes.


Alors je mets un peu mon nez sur la liste des différents produits existants et leurs composants. C'est une grosse pagaille.

Un même produit chimique est mentionné sous différents noms scientifiques d'une marque à l'autre, les pourcentages ne sont pas toujours mentionnés, les produits des supermarchés et des stations essence contiennent les mêmes agents que ceux des pharmacies.. Pour un même principe actif, la durée d'action et les recommandations pour enfants et femmes enceintes sont différents.

Je fais une rapide synthèse:

Revue de littérature sur les répulsifs, sur le site du conseil de l'ordre des médecins.
NB: Cet article va être complété et ne doit pas ête diffusé tel quel, SVP.


Je suis surpris par les risques potentiels de ces produits et par l'absence d'informations du grand public, pharmaciens et médecins.

Les risques d'intoxication accidentelle et les problèmes cutanés devraient être prévenus.

De nombreux produits sans efficacité prouvé sont vendus en pharmacie. On s'arrose, on prend des risques allergiques et finalement on n'est pas protégé !

Je me demande jusqu'à quel point les répulsifs peuvent être impliqués dans les problèmes cutanés attribués à la CHIK? Dermatose bulleuse?

La liste faite par l'IRD ( Institut de Recherches et Developpement) et transmise par la DRASS est assez restrictive.

Les produits conseillés ne sont pas toujours en accord avec les recommandations nord-américaines.

1 Chik Planète .Comores 2005

Dr Philippe, Ste Clotilde au nord de La Réunion



1000 excuses pour les puristes mais mon orthographe est défaillante. Vivement une réforme!


Le CHIK me suis mais ne m'a pas encore attrapé. Ou peut être l'ai je-eu sans le savoir? Par contre mon fils de 3 ans et demi vient de vomir et a 40° de fièvre. J'ai un peu peur pour sa petite soeur et celui (ou celle) en gestation.


Petit historique:


Chik planete COMORI

- Ste Clotilde, Mars à Mai 2005

Moroni vient d'être fortement touchée par une épidémie de CHIKUNGUNYA. Je prépare un voyage aux Comores et vois quelques articles comoriens et français sur cette fièvre bizarre.

J'annonce ça à mes amis. Le nom imprononçable fait sourire .

Les médias français, à quelques exceptions prêt, ne s'en font pas beaucoup l'écho.


- Moroni, Juin 2005

J'arrive après la flambée de CHIK qui a terrassé la moitié du personnel de certains hôpitaux visités. Les médecins et infirmiers me décrivent un peu la situation.


J'apprends par l'ONG ASCOBEF que la France n'a pas participé à la première mission OMS qui était principalement comoro-africano-américaine. L'Institut Pasteur de Madagascar avait tout de même reçu des analyses et répondu que ce n'était pas un virus de dengue (et non de dingue!) . Mais ce sont des Kenyans aidés des Américains qui ont identifié le virus du CHIK.


En revenant d'Anjouan ( Ndgazidja), via Grande Comore, je suis un peu surpris à Gillot des mesures de prévention d'introduction du virus. De simples petits papiers écrits en français pour des voyageurs en grande partie comorophones et peu lettrés. Des messages d'informations oraux, dans l'avion, en français et shicomori , n'auraient-ils pas été plus judicieux ?!


Chik planète BOURBON

- Réunion, fin juin 2005

J'essaye de joindre des responsables de la DRASS. Difficile, la secrétaire ne prend pas de RDV et les réunions sont fréquentes. Je laisse plusieurs fois mes coordonnées, en vain.

J'arrive à avoir quelqu'un de la CIRE pour m'assurer qu'il avait bien le rapport comorien de l'OMS : OUI, OUF .


J'avais des doutes car la coopération médicale comoro-française est dans le même état que les relations diplomatiques entre les 4 îles comoriennes et la France.

Un exemple m'avait surpris. Une "épidémie" de Béri Béri ( manque de vitamine B1) a tué 20 nourrissons à Mayotte en 2004. La supplémentation en vitamines a été instituée et tout est rentré dans l'ordre. Mais aucun médecin comorien de santé publique ou de soins n'était au courant !


- hiver austral 2005 : Peu de cas, moins de moustiques. On ne s'inquiète pas trop.

- Fin novembre : Réunion de l'équipe médicale de la Croix Rouge Océan Indien avec les 2 médecins de la société de pathologie exotique. Ordre du jour: Grippe aviaire. Quelques mots sur la chik.

- Décembre 2005

Je vois mes premiers cas de CHIK cogner chez des jeunes, en visite à domicile.
Je suis surpris par la force du virus. Je me dis que je préfèrerais ré- avoir le palu plutôt que cette CHIK.